Semaine du 3 août
- La semaine précédente a été marquée par le décès à l’hôpital de Baiona du réfugié politique basque originaire de Lezama, Iñaki Rike Galarza “Turron”. Il avait été incarcéré pendant 18 ans dans les prisons espagnoles et a mené de nombreuses luttes avant de retrouver la liberté il y a maintenant un peu plus de six ans. Depuis un an et demi, Iñaki s’était de nouveau réfugié en Iparralde pour éviter de nouvelles mesures répressives de la part de l’Etat espagnol. Ces années de lutte ont fini par avoir raison de sa santé. Agur eta ohore Iñaki.
- A la prison de Saint-Maur, Josetxo Arizkuren, Bixente Goikoetxea, Patxiku Guimon et Angel Pikabea mènent un mouvement de refus de la nourriture fournie par la prison. Cette action est réalisée en protestation contre la mort d’Iñaki Rike et le rôle que joue le Tribunal national espagnol contre les prisonniers basques.
- Le juge Guevara, qui avait en charge le procès mené contre Xabier Garcia Gaztelu “Txapote”, a ordonné durant une séance que les trois accusés qui comparaissaient (Txapote, Aitor Agirrebarrena et Asier Arzalluz) soient menottés, ce qui est contraire à leurs droits. Guevara a empêché l’avocate, Haizea Ziluaga, de protester contre cette décision. Un autre prisonnier, Iñigo Guridi qui était amené à témoigner s’est jeté à terre pour protester contre le traitement infligé à ses camarades. Lui aussi menotté a refusé de témoigner. Le juge Jesus Alonso, assesseur de Guevara, a demandé qu’il soit inculpé de faux témoignage. Dans le même procès, Guevara a demandé qu’Irantzu Gallastegi, qui a refusé de témoigner, soit poursuivie pour désobéissance. Enfin, Guevara porte également plainte contre l’avocat de Txapote, Alfonso Zenon, pour avoir accusé la cour de ne pas respecter les droits des prisonniers. Il demande à ce qu’il soit inculpé pour calomnie et injures au tribunal.
- Le juge Garzon a annulé un rapport du juge Santiago Pedraz, actuellement en vacances, qui indiquait qu’il n’y avait pas d’indice contre Ainara Esteran, David Pla et Aitor Lorente dans le dossier de la mort du sénateur du PP Manuel Gimenez Abad. Il a demandé que des poursuites immédiates soient menées contre eux. Pla et Lorente, sans cette intervention auraient dû sortir de prison la semaine dernière après six années de prison. Garzon a reçu les félicitations du PP pour cette initiative.
- Gorka Mayo, militant de Batasuna, a été retenu pendant deux heures par la police espagnole à Iruinea. Ce contrôle prolongé l’a empêché de prendre l’avion pour la Galice où il devait participer à un meeting organisé par les indépendantistes galiciens.
- Cette année encore, les militants d’Askatasuna et d’Etxerat ainsi que les familles et amis des prisonniers politiques basques se sont rassemblés le long des routes d’Euskal Herri portant des ikurrina “Presoak Euskal Herrira” ou des affiches demandant le respect pour le Pays Basque. Une conférence de presse d’Etxerat avait précédé cette mobilisation pour rappeler encore une fois à ceux qui ne veulent pas l’entendre les conditions de détention d’exception subies par les prisonniers et leurs familles. Lors d’une autre conférence de presse, Etxerat a demandé que soit organisée “l’opération retour” pour les prisonniers basques, en référence à “l’opération salida” mise en place sur les routes pour les départs en vacance. Le 6 août sera une autre journée de mobilisation avec distribution de tracts sur les plages.
- Comme tous les ans à Gasteiz, les “blusas” et les “neskas” ont réalisé un meeting pour rendre hommage aux parents des prisonniers politiques basques à qui ils ont remis le foulard des fêtes. Plusieurs centaines de personnes ont participé à l’événement.
- Jose Martin Rufete, prisonnier politique anarchiste, incarcéré à Daroca (Zaragoza) est en grève de la faim et de la soif pour le respect de ses droits. L’administration pénitentiaire n’a pas daigné tenir compte des demandes effectuées depuis plusieurs semaines. Il a déclaré : " Je préfère mourir en luttant avec dignité pour ma liberté que de vivre prisonnier et résigné à la merci des caprices des geôliers et des surveillants ".
Semaine du 18 aout (haut de la page)
- Unai Parot et Juan Lorenzo Lasa Mitxelena “Txikierdi” ont été condamnés à une peine de 50 ans de prison pour l’exécution du général Victor Lago Roman en novembre 1982. Il faut préciser que ce général que l’on veut faire passer pour un démocrate, était non seulement franquiste mais aussi nazi. Il était à la tête de la division Acorazada Brunete qui assistait entre autres les nazis lors du siège de Stalingrad. Sa place aurait dû être aux côtés des criminels de guerre jugés à Nuremberg.
- Iñaki de Juana est de nouveau en grève de la faim depuis le 7 août. Incarcéré en 1987, il a effectué les 3/4 de sa peine depuis la fin de l’année 2000 et pouvait donc être libéré sous condition. Il a déjà connu une dizaine de prisons espagnoles et s’est vu refuse par les juges le droit d’étudier en prison pour faciliter son retour à la vie civile. Dans une conférence de presse, Askatasuna constate que la politique d’extermination menée par le PSOE n’a pas changé et que l’Etat français, comme l’Etat espagnol, prennent le mauvais chemin face aux échéances politiques à venir.
- La juge Teresa Palacios a décrété l’incarcération de Zigor Bravo à Alcala-Meco pour une action menée en l’an 2000. Zigor Bravo n’était même pas au courant qu’une accusation avait été portée contre lui et n’a même pas été interrogé sur les faits. 500 personnes se sont rassemblées à Gasteiz pour demander sa remise en liberté.
- Le juge Garzon a annulé une décision du juge Grande-Marlaska interdisant à Arnaldo Otegi de participer au forum Tribuna Barcelona.
- Pendant les fêtes de Donostia, un hommage sera rendu le 17 août aux militants d’ETA Jokin Leunda, Patxi Itziar et Iñaki Ormaetxea qui ont été tués par la guardia civil dans le quartier de Morlans le 17 août 1991. Le 19 août sera célébré l’Amnistia eguna avec apéritif, repas kalejira en l’honneur des prisonniers politiques basques.
- Le département de l’Intérieur du gouvernement basque, sur interrogation du PP, a affirmé avoir ouvert 121 enquêtes depuis début 2004 contre les manifestations et concentration spontanées de la gauche abertzale.
Semaine du 25 aout (haut de la page)
- Iñaki de Juana Chaos est en grève de la faim depuis le 7 août. Il a déjà perdu 10 kilos. Il y a maintenant 22 mois qu’Iñaki a accompli la totalité de sa peine. Il se trouve donc en détention préventive depuis que l’accusation a demandé, dans un autre dossier, qu’il lui soit infligé une nouvelle peine de 96 ans.
- David Pla et Aitor Lorente ont finalement retrouvé la liberté. Le juge Santiago Pedraz avait pris la décision de ne pas accepter un autre dossier les concernant et avait décidé de leur libération après accomplissement de leur peine. Celui-ci parti en vacances, c’est son suppléant, le psychotique et médiatique Baltazar Garzon qui a décidé de révoquer la décision du juge Pedraz. A son retour de vacances, ce dernier a, à son tour, annulé la décision de Garzon et remis les militants en liberté.
- Le 15e anniversaire de la mort des trois militants d’ETA Patxi Itziar, Jokin Leunda et Iñaki Ormaetxea. Un hommage leur a été rendu durant les fêtes de Donostia. Depuis 14 ans, cet hommage est renouvelé, quel qu’ait été le parti politique au pouvoir. Cette année, la ertzaintza est intervenu pour empêcher les militants de se rendre sur les lieux et restée autour de ceux qui avaient réussi à y accéder. Askatasuna critique l’attitude agressive du Tribunal nationale et du PSOE qui veulent interdire tout hommage rendu aux militants morts ou récemment sortis de prison. Askatasuna critique également le PNV pour sa collaboration avec le gouvernement espagnol et les forces d’occupation.
- Le 25 août, à Bilbo, un repas de soutien aux prisonniers politiques basques aura lieu à l’Arenal. Après le repas, une kalejira pro-amnistie parcourra les rues de Bilbo, suivie d’un rassemblement devant Sabin etxea.
Semaine du 31 août (haut de la page)
- Le juge Garzon avait profité des vacances du juge Pedraz pour empêcher la sortie de David Pla et Aitor Lorente le 25 juillet. Pedraz, à son retour, avait prononcé la remise en liberté des deux militants le 17 août. Le tribunal a tenté de faire appel de décision le 24 août, appel qu’a refusé le juge Pedraz pour manque d’indices, confirmant ainsi la situation de Pla et Lorente.
- Un journaliste espagnol a eu accès à une information indiquant que le gouvernement Zapatero ne rapprochera pas les prisonniers basques avant que Batasuna ne soit légalisée. Zapatero ne sait plus quoi inventer pour repousser toute évolution de la situation. Quelle sera la prochaine exigence ? Le gouvernement de Gasteiz répond que le rapprochement doit être antérieur au processus de paix. Pour Batasuna, " c’est une condition de plus qui sort maintenant et qui reconnaît le caractère politique de ces prisonniers et l’utilisation qui en est faite ".
- Depuis début 2006, il y a eu 33 accidents de la route provoqués par la dispersion dont 16 ont eu des conséquences graves pour les personnes accidentées.
- La ertzaintza a perquisitionné pendant deux heures le Gaztetxe d’Intxaurrondo, alléguant qu’il s’y trouvait du matériel de propagande de Segi et que Segi est une organisation illégale. La ertzaintza a pris des photos des locaux et a emporté divers matériels.
- Juan Pablo Ussia, Joseba Velez et Adolfo Abasolo ont été remis en liberté. Ils étaient accusés d’avoir agressé la ertzaintza lors d’une manifestation, en 1997, au cours de laquelle sept membres de la ertzaintza avaient tiré sur la foule, blessant deux manifestants. La fourgonnette a ensuite blessé une troisième personne et les tirs, à pelote de gomme cette fois, en ont ensuite blessé quatre dont deux journalistes de “El Mundo del Pais Vasco”. Le tribunal constitutionnel a annulé les preuves apportées par la ertzaintza de la présence des militants et de leur supposé, attentat à l’autorité, les vidéos ayant été manipulées par la ertzaintza. Ils ont également annulé la sentence. Il faut rappeler que c’est déjà le juge Grande-Marlaska qui avait accepté la version policière des faits, en collaboration avec Juan Mari Atutxa, le menteur de l’Intérieur de service à l’époque, aux côtés d’Ardanza. Les deux autres militants arrêtés, Iñaki Palmou et Iñaki Olazaran ont effectué la totalité de leur peine, soit 3 ans et 9 mois.
- Des milliers d’Uruguayens ont manifesté pour commémorer le 12e anniversaire de la manifestation organisée contre l’extradition des réfugiés politiques basques en Uruguay qui s’était soldée par la mort de deux jeunes uruguayens dont l’un avait reçu 12 impacts de balle et de nombreux blessés. Les manifestants demandent que soient éclaircies les responsabilités de ces deux crimes, accusant le gouvernement actuel de protéger les assassins de la veille.
- Iñaki de Juana a été hospitalisé après 18 jours de grève de la faim (depuis le 6 août). Il a perdu 14 kilos. Les prisonniers basques de Seysses, Oier Gonzalez, Juan Carlos Subijana et Xabier Lareki ont refusé la nourriture le 25 août en solidarité avec Iñaki.
- Etxerat dénonce les provocations et insultes infligées à Kepa del Hoyo qui a été amené de Badajoz à Galdakao pour l’enterrement de son père. Les provocations et insultes ont été proférées non seulement durant le trajet, par la guardia civil, mais aussi par la ertzaintza jusqu’à l’intérieur du commissariat de Galdakao.
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