Semaine du 7 septembre
- Iñaki de Juana est toujours en grève de la faim depuis le 7 août. Il a maintenant perdu 15 kilos. De nombreux soutiens lui sont parvenus, notamment de Donostia où se sont déroulés en fin de semaine le Sagardo eguna et la course de traînières où la situation d’Iñaki a été dénoncée. Des rassemblements ont lieu régulièrement en sa faveur, notamment devant les sièges du PSOE en Pays Basque. LAB et Batasuna sont intervenus pour dénoncer le chantage aux prisonniers politiques basques et plus particulièrement à Iñaki. Le collectif des prisonniers du PCE(r) et des GRAPO dénoncent la décision du Tribunal national de vouloir alimenter Iñaki de force sur décision des médecins, estimant qu’avec " l’alimentation forcée, ce qui est voulu c’est prolonger la souffrance du gréviste et atteindre sa force de volonté pour continuer son action ".
Rappelons que la justice espagnole a demandé qu’Iñaki soit condamné à quarante années de prison supplémentaires pour deux lettres parues dans Gara.
- Un nouveau blog réalisé par Askatasuna Nafarroa sera très bientôt disponible sur le net à l’adresse suivante : www.blogari.net/askatasuna (source Indymedia Euskal Herria).
- Josu Jon Imaz a affirmé dans une interview qu’il était persuadé qu’un rapprochement de prisonniers basques se ferait rapidement, " dès que les choses auront pris leur rythme ". Il doit savoir pourtant qu’il est plus facile de voter la dispersion et de la faire appliquer que de revenir sur la légalité après l’échec d’un système qu’il a lui-même promu.
- De son côté, le PSOE, par l’intermédiaire de Rodolfo Ares, vient de déclarer que le rapprochement des prisonniers politiques basques n’aiderait pas le processus de négociation à avancer et que le rapprochement et la légalisation de Batasuna n’ont rien à voir. Le secrétaire du groupe socialiste au Congrès, Julio Villarubia, a lui indiqué que le rapprochement serait abordé lorsque le processus aura avancé, ce qui risque prendre du temps.
- Le juge Pedraz du Tribunal national espagnol, a refusé les plaintes déposées par l’Association des victimes du terrorisme (AVT), proche du PP et l’association Dignidad y Justicia, contre les organisateurs de la marche de Bilbo à laquelle ont participé plus de dix mille personnes.
- Le 22 septembre va commencer le procès contre 85 personnes détenues entre février 2003 et juillet 2005 dans ce que la police a appelé des opérations préventives. 116 personnes avaient été interpellées et 70 ont été emprisonnées dont 36 sont encore détenues. Le procès commencera par 18 personnes dont deux seulement comparaîtront libres.
Semaine du 17 septembre (haut de la page)
- Cette semaine, trois prisonniers politiques basques ont été remis en liberté. Mila Etxeberria d'abord, qui a été accueillie à Astrabudua, José Manuel Errazkin Beldarrain "Otsua" ensuite, originaire d'Hernani. Les deux militants ont accompli la totalité de la peine à laquelle ils ont été condamnés. Sue Lorenzo a été libérée après que sa condamnation ait été annulée. A Baiona, c'est Claude Recart qui va retrouver les siens, mais cette fois sous contrôle judiciaire après plus de trois ans passés dans diverses prisons françaises. Ongi etorri denentzat.
- Le procès contre les personnes arrêtées de manière préventive entre 2003 et 2005 a commencé au Tribunal national. Les inculpés ont nié les accusations portées contre eux et ont dénoncé la détention préventive et les tortures subies dans les locaux de la police. Les auditions vont se poursuivre jusqu'à jeudi.
- Une motion en faveur du droit d'étudier pour les prisonniers politiques basques va être proposée dans les mairies à la demande du groupe parlementaire du Parlement de Gazteiz, Ezker Abertzalea. Une proposition de procédure entre les directeurs de prison et la direction de l'Université du Pays Basque a également été proposée.
- Inaki Bilbao a été présenté devant ses juges. Il a menacé le président du tribunal, Alfonso Guevara, de lui tirer sept balles dans la tête. Après avoir multiplié les coups contre la vitre blindée du box des accusé, il a été menotte et contraint de rester assis à la demande de Guevara.
- A partir du 22 septembre va se dérouler le procès du dossier 8/97. 11 s'agit de douze personnes arrêtées, à Iruinea et aux alentours en 1997. A l'origine, 26 personnes avaient été arrêtées, mais 14, mineures au moment des arrestations, n'avaient pas fait l'objet de poursuites ultérieures.
- La ertzaintza est intervenue durement la semaine dernière pour disperser, à Donostia, le rassemblement d'une trentaine de personnes en soutien à Iñaki de Juana. Une personne a due être hospitalisée après qu'un ertzaina lui ait fracturé la mandibule d'un coup de matraque.
Semaine du 20 septembre (haut de la page)
- Le collectif des prisonniers politiques basques a publié un communiqué en fin de semaine dernière. Dans ce communiqué, il explique quelles sont les raisons qui ont amené chacun de ses membres à la lutte et à la prison : le respect des droits du peuple basque. Constatant les excès toujours plus importants de la politique pénitentiaire, le collectif s'adresse aux Etats. Il dénonce la politique appliquée aujourd'hui par les Etats, incompatible avec un processus démocratique et assure qu'elle ne solutionnera pas le conflit existant. Il demande donc le regroupement immédiat en Pays Basque des prisonniers politiques basques et, " dans la mesure où le processus démocratique nous conduit à respecter et à appliquer tous les droits des citoyens basques et du Pays basque, tous les prisonniers politiques doivent revenir dans leur peuple, dans leur maison, parmi leurs amis et leurs familles ".
- La semaine sera marquée par l'annonce du juge Garzon et l'annonce du PNV de faire respecter ses décisions d'interdire les manifestations prévues pour samedi à Gasteiz, Donostia, Bilbo, Iruinea et Baiona. Suite à cette interdiction, venant officiellement du fait qu'Askatasuna est un mouvement terroriste, les avocats Arantza Zulueta et Joseba Agudo sont apparus devant la presse, aux côtés de parents de prisonniers politiques basques, pour annuler les manifestations du 16 septembre, afin de ne pas " leur faire cadeau d'une photo d'affrontements ". Lors de la conférence de presse, les avocats ont dénoncé le chantage effectué par le gouvernement sur les prisonniers basques, l'attitude du gouvernement basque qui pour exprimer sa collaboration va au delà des griefs évoqués par Garzon pour interdire les manifestations et demande directement à Zapatero s'il veut ou non respecter les droits de ce peuple.
- Etxerat a pris la suite des organisateurs des manifestations de samedi pour appeler à des rassemblements dimanche, entre midi et midi et demie, sur le thème " Nous les voulons en vie ", cri d'alarme lancé une fois de plus face à une politique d'extermination déclarée. Etxerat a rappelé les propos du ministre de la Justice espagnol, Lopez Aguilar, qui a déclaré : " Nous construirons de nouvelles implications pour éviter qu'ils ne sortent ". Les concentrations de dimanche ont rassemblé plusieurs milliers de personnes dont 250 à Baiona.
- Dans la cadre du procès du dossier 18/98, un guardia civil, considéré comme expert, a été a accepté par le président du tribunal malgré des irrégularités. Il est dit, en effet, que les experts doivent comparaître ensemble. Dans le cas des dossiers dans lequel apparaît ce guardia civil, la signature a été effectuée par deux personnes. Or, le tribunal a accepté le témoignage seul de ce guardia civil, ne respectant même pas ses propres lois. Dans ce même dossier, la séance de mardi a dû être ajournée en raison d'un malaise subi par José Luis Elkoro, ancien maire de Bergara et ex-membre de la mahai nazionala d'Herri Batasuna. Celui-ci a dû être hospitalisé pour effectuer des examens.
- Le Congrès espagnol vient de commencer à débattre une proposition de loi présentée par EA demandant au gouvernement espagnol de réformer la loi sur l'isolement subi par les détenus accusés de terrorisme. La loi avait été modifiée en 1973 faisant passer le temps de rétention autorisé à la police de 72 à 120 heures, sans contact avec l'extérieur ni droit à la défense. Dans le texte proposé, EA remarque que le temps de détention provisoire a augmenté globalement de 7,5 %.
- Le procès des 85 personnes détenues préventivement se poursuit. Il apparaît aujourd'hui, au vu des actes d'accusation, que la plupart des détenus ne savent même pas pourquoi ils ont été arrêtés et pourquoi ils sont poursuivis. Il n'y a pas d'accusations concrètes et les suppositions de Garzon jointes aux déclarations policières effectuées sans enquêtes préalables constituent l'essentiel du dossier. Les parents des accusés ont été consulter le médiateur du peuple de Nafarroa qui a conclu qu'il n'avait aucune compétence en matière juridique. Les accusés encourent pourtant des peines pouvant aller jusqu'à 56 années de prison.
- Filipe Bidart va voir sa seconde demande de libération conditionnelle examinée (une deuxième fois) le 2 octobre prochain à Paris par la nouvelle juridiction d'application des peines. La "Juridiction d'application des peines antiterroriste " vient se substituer depuis mai 2006 aux anciennes procédures examinées par des juges d'application des peines " ordinaires ". Cette juridiction parisienne d'exception est désormais la seule compétente pour traiter les demandes de libération conditionnelle classées par la justice française comme " terroristes ", à savoir tous les dossiers des militants politiques incarcérés, notamment les prisonniers politiques basques. Une manière de ramener à Paris, plus près du ministre de la justice et du pouvoir politique, des décisions du domaine de l'exception. Filipe Bidart avait déposé sa deuxième demande de libération conditionnelle en juillet 2005. Etudiée le 13 décembre 2005, le 26 janvier 2006, le Tribunal d'Application des peines de Troyes ajournait cette demande sur le fond à septembre 2006, en invitant Filipe Bidart " à concrétiser par des actes la volonté de réinsertion sociale dont il fait état " (concernant l'indemnisation des victimes) tout en reconnaissant " les éléments positifs indéniables présentés par le projet de M. Bidart ". C'est donc la nouvelle juridcition qui hérite du dossier.
Le comité "Filipe aska", constatant que " toutes les conditions fixées par le juge d'application des peines étant remplies "; pus rien ne s'oppose à sa libération. Le comité Filipe aska organise une manifestation à Baiona le 30 septembre.
Semaine du 28 septembre (haut de la page)
- La ertzaintza a arrêté deux jeunes d'Orereta, Pablo Canal et Roberto Benito pour l'action menée contre la station de Topo d'Orereta. Lors d'une conférence de presse, les parents avaient dénoncé le montage policier, les deux jeunes se trouvant ailleurs au moment des faits. Déférés devant le juge Garzon, ils ont été remis en liberté par ce dernier.
- José Mari Tokero a été remis en liberté le 23 septembre. Il avait été arrêté et torturé en juin 1998, puis libéré en 1999. Il avait été réincarcéré en mai 2002 et vient de sortir après avoir effectué la totalité de sa peine.
- Dans le cadre du procès 18/98 les auditions des "experts" de la guardia civil se sont poursuivies, reliant l'ikurriña à ETA ou présentant la Herri Enbaxada (embassade)de Bruxelles comme une délégation de fantaisie. Le procès a été endeuillé par le décès du père de Xabier Alegria.
- De même, le procès sur les arrestations préventives se poursuit, basé uniquement sur des hypothèses policières. Rappelons qu'après les arrestations, le ministre Angel Acebes avait déclaré : "Maintenant nous allons voir de quoi nous pouvons les accuser ".
- A la demande des associations Dignité et Justice et des Victimes du terrorisme, le juge Garzon a interdit une réunion de Batasuna qui devait se dérouler cette fin de semaine, à Laudio.
- Le procès contre douze nafartar accusés de participation à la kale borroka et contre qui il est demandé 401 ans de prison a été repoussé au mois de février.
- Cette fin de semaine, des dizaines de rassemblements ont eu lieu en Pays Basque pour demander l'arrêt des macros procès et la disparition du Tribunal national.
- La nommée " Doctrine Parot ", prolongement des peines des prisonniers basques, vient d'âtre appliquée à quatre autres militants. Jon Agirre, Kandido Zubikarai, Koldo Hermosa Urra et Peio Etxeberria Lete. Jon Agirre, incarcéré depuis 25 ans, aurait dû sortir il y a dix ans et souffre d’une maladie incurable. Il a été demandé pour lui l'application de l'article 92.
- A Donostia, des bombages "Euskal Presoak Afrikara" (les prisonniers basques en afrique) ont été réalisés aux côtés de ceux en faveur des prisonniers basques. La serrure d'un ex prisonnier a été bouchée et des inconnus ont tenté de forcer l'entrée de l'association Marruma, à Gros.
|