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COMMUNIQUE DE PRESSE - 12 octobre 2005

ASKATUSUNA
Mouvement de soutien aux prisonniers politiques basques


L'AVOCAT UNAI ERREA COMPARAîTRA DEMAIN DEVANT LA JUGE LE VERT

L'avocat des prisonniers politiques basques Unai ERREA avait été arrêté le 22 avril 2005 par la police française alors qu'il était en train d'exercer son métier au Palais de Justice de Paris.

Il a été arrêté en faisant son travail d'avocat, alors qu'il venait de quitter la juge avec laquelle il avait traité une autre affaire, celle-ci l'ayant donc fait interpeller directement. Cette arrestation a été menée à la suite d'une décision totalement démesurée. Unai a alors passé trois jours en garde à vue, puis la juge Le Vert a décidé de son incarcération préventive.

L'accusation: "avoir remis un document à objectif terroriste, de façon non réglementaire, à un de ses clients". Unai Errea a toujours et de nié catégoriquement cette accusation. Cependant, il est toujours en prison à ce jour, et sera emmené aujourd'hui devant la juge Le Vert qui souhaite l'interroger.

Face à la situation d'incarcération de l'avocat Unai Errea, ASKATASUNA veut dire la chose suivante:

- Son incarcération est une agression directe envers les prisonniers politiques basques. Ce n'est finalement rien d'autre qu'une manœuvre pour écarter l'un de leurs avocats de confiance, et nous dénonçons cette nouvelle attaque à leur droit à la défense.

- Nous devons comprendre cette nouvelle agression comme un pas de plus dans l'isolement politique des prisonniers politiques basques. Il est impossible d'oublier les attaques menées ces dernières années contre le Mouvement pour l'Amnistie, tant de la part de l'État français que de l'État espagnol, elles aussi réalisées dans cette ligne. Aujourd'hui encore, en plus d'Unai Errea, le porte-parole d'ASKATASUNA Jean-François Lefort est également incarcéré en France, de même que Jagoba Terrones en Espagne.

- Cette agression contre Unai approfondit également la criminalisation du travail d'avocat. Dans les arrêts de refus de sa libération rendus jusqu'à aujourd'hui, c'est le rôle de l'avocat qui est criminalisé. Plutôt qu'une réponse individuelle, c'est le travail même de l'avocat qui est mis en cause.

- Ils l'accusent d'être un messager d'ETA, et disent s'appuyer pour cela sur des tests d'ADN. Unai a toujours nié cette accusation. Et comme si ça ne suffisait pas, nous avons pu savoir il y a peu qu'un test ADN du même type avait été manipulé, test réalisé par la même personne qui a fait celui d'Unai. Nous ne pouvons donc accepter le résultat de ce test.

- Un juge s'est prononcé pour sa mise en liberté conditionnelle, mais les conditions en question représentent un nouveau chantage: interdiction d'exercer son métier, interdiction de passer la frontière imposée à la Bidassoa pour passer vers le Sud de notre pays, interdiction d'avoir des relations avec ses collègues, ni avec aucun prisonnier. Ils veulent condamner Unai à la mort professionnelle. Ces conditions mettent en évidence le fait qu'ils veulent retirer aux prisonniers politiques basques le droit de faire appel à un avocat de confiance, et qu'ils veulent criminaliser le travail de l'avocat. Finalement, il apparaît qu'ils veulent écarter les avocats, recherchant en cela l'isolement total des prisonniers.

En plus de tout cela, ASKATASUNA doit dénoncer les conditions de détention imposées à Unai.

Il est isolé des autres prisonniers basques, dans un module "particulier" avec une dizaine d'autres prisonniers "particuliers" (quartier VIP). Parmi eux, un policier français qui a travaillé contre ETA. Il est séparé des autres prisonniers politiques, et sa cellule se trouve à côté de celle de ce policier. Askatasuna dénonce cela avec force, car il s'agit d'un châtiment supplémentaire.

Pour finir, ASKATASUNA exige des autorités françaises la libération immédiate d'Unai ERREA, ainsi que l'abandon de la politique d'isolement des prisonniers politiques basques et le retour de tous les prisonniers politiques basques en Euskal Herria par la reconnaissance de leur STATUT POLITIQUE.

Euskal Herria, 12 octobre 2005

ASKATASUNA
14 Bourgneuf Karrika 64100 Baiona / 14 Rue Bourgneuf 64100 Bayonne
Tel / Fax : 00 33 5 59 59 01 84
askatasuna.eh@free.fr


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