JEAN-FRANÇOIS LEFORT "LOF" EST RESSORTI LIBRE DU PALAIS DE JUSTICE Aujourd'hui, à l'occasion de la nouvelle confrontation à laquelle le membre d'Askatasuna Jean-François Lefort "Lof" était convoqué pour 17h au Palais de Justice de Paris, une conférence de presse a été donnée avant que Lof n'entre dans le Tribunal. Parmi les organisations qui y ont pris part, figurent Segi, Batasuna, Askatasuna, Gabi Mouesca président de l'OIP, Monseigneur Gaillot… Trois prises de parole ont eu lieu lors de cette conférence de presse. Dans un premier temps, Garbiñe Eraso a rappelé la chronologie des attaques menées contre Askatasuna et des procédures dirigées contre Lof. L'illégalisation en 2001 du Mouvement pour l'Amnistie, l'opération menée contre Askatasuna et l'illégalisation de celle-ci en 2002, le mandat d'arrêt international lancé contre Lof, porte-parole d'Askatasuna, en 2004, l'arrestation de l'avocat de Lof Unai Errea, les interrogatoires de dizaines de militants, les perquisitions de locaux… D'autre part, elle a dénoncé le comportement de la 14ème Section antiterroriste. L'attitude des juges de cette Section est aussi violente que celle du juge Burgaut que l'opinion publique française a pu découvrir à l'occasion de l'affaire dite d'Outreau. Elle a rappelé que la FIDH avait déjà rendu un rapport dans ce sens, dénonçant cette Section et ses agissements, en 1999. Ensuite, Lof a resitué son affaire personnelle dans la répression exercée en général contre Euskal Herria, soulignant qu'il ne s'agit que d'un moment très précis. Il a expliqué que d'une part, le gouvernement français a renforcé ces derniers mois ses attaques répressives, et d'autre part, qu'il est en train d'essayer d'esquiver les responsabilités qu'il a dans ce conflit au moment même où le contexte laisse enfin entreveoir des occasios de résoudre celui-ci. Il a souligné également que la participation des prisonniers politiques basques à ce processus est indispensable. Il a ajouté que ce travail de neutralisation d'Askatasuna arrange bien le gouvernement français, qui cherche à éviter toute publicité à la situation des prisonniers politiques basques. Enfin, Xabi Larralde, au nom de Batasuna, a tout d'abord souligné que l'État français était une partie directe et importante du conflit basque. D'une part, parce qu'il nie et piétine absolument tous les droits d'Euskal Herria, de l'autre dans le domaine de la confrontation et de la répression. Il a rappelé également que ce n'est pas la première fois que la France tente de fuir ses responsabilités dans la résolution du conflit. Dans ce sens, aucun processus ne pourra être mené à bien si le droit d'y prendre part n'est pas reconnu aux prisonniers politiques basques qui se trouvent dans les prisons françaises. Il a enfin qualifié les attaques menées par le gouvernement français contre Askatasuna et contre son porte-parole de très graves. Après cette conférence de presse, Lof est donc entré dans le Tribunal, dont il est ressorti libre aux environs de 19h15. Il a pu expliquer que la confrontation avait été très longue, et qu'elle s'était déroulée en deux parties. Dans la première partie Robert Arricau, qui est toujours incarcéré, a réitéré les déclarations qu'il avait faites pendant sa garde à vue, c'est-à-dire témoignant de certaines relations entre Lof et un membre de la direction d'ETA. Après une pause marquée par la juge, cependant, il est à nouveau revenu sur cette version et a dénoncé avoir été victime de pressions policières. Askatasuna dénonce avec force cette pauvre tentative de criminalisation de son travail, ainsi que la méthode employée, dans ce cas précis des pressions exercées sur une personne en situation de grande fragilité, qui est maintenue incarcérée depuis plus d'un an loin de chez elle et à l'écart des autres prisonniers politiques. Nous dénonçons également l'arrestation de Lof, dont la mise à l'écart était le but de cette manœuvre, et la persécution exercée sur Askatasuna et le Mouvement pour l'Amnistie en général. Nous voulons faire savoir aux autorités françaises que toutes leurs tentatives resteront vaines, que nous continuerons contre vents et marées à dénoncer les actes de répression gratuite dont elles se rendent coupables chaque jour, tant derrière les murs de leurs prisons qu'à l'extérieur, simplement parce que ce travail est l'un de ceux qui sont absolument indispensables à l'ouverture d'un processus de résolution du conflit. Pour finir, nous les appelons à faire les pas nécessaires à ce dernier, en respectant enfin tous les droits de tous les citoyens basques. Euskal Herria, le 17 février 2006 ASKATASUNA |
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