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COMMUNIQUE DE PRESSE - 28 MARS 2006

ASKATUSUNA
Mouvement de soutien aux prisonniers politiques basques



PNV : SUCCURSALE DU PP ?

En ce moment où l’on veut dessiner et construire un processus démocratique pour parvenir à une résolution politique du conflit, le PNV ne trouve que les problèmes et les obstacles à proposer comme voie de solution. Son comportement face aux problèmes politiques qui sont à l’origine du conflit en est la preuve, comme en ce qui concerne les conditions démocratiques minimales nécessaires ce processus.

Son attitude quant à la manifestation du 1er avril prochain est incompréhensible. Face à une mobilisation qui va revendiquer une résolution démocratique basée sur le droit de tous les citoyens basques à participer aux débats et aux décisions, il définit une fois de plus sa position selon ses intérêts et de ses calculs partisans plutôt qu’en fonction de l’importance d’accumuler des forces en faveur de cette revendication et des les représenter.

Nous pouvons dire la même chose si nous observons son attitude dans la discussion qui a lieu autour des partis qui doivent former la table des discussions. Il semble que plutôt que définir la base solide que doit avoir cette table (une base faite des droits de tous les citoyens basques à décider), il soit préoccupé par le poids qu’y aura Ibarretxe. Plus encore, ce processus doit être unique et national, et Ibarretxe est celui qui empêche cela. Le PNV veut-il construire un processus sur la division ? Aurait-il peur d’un terrain national qui réduise son niveau de pouvoir ? Les intérêts partisans prendront-ils une fois de plus le pas sur les besoins du Peuple ?

Le PNV pousse la mise en marche du processus politique dans la mauvaise direction, il suffit de voir son attitude quant aux conditions et garanties démocratiques minimales nécessaires à la réalisation de ce processus. Il continue de faire arrêter et mettre au secret des citoyens basques (nous verrons de quelle façon ils ont été traités, mais il vient de les mettre sous ce régime, violant en cela pour la énième fois son propre protocole). Il demande la dissolution de l’Audience Nationale espagnole, et il continue d’y envoyer des citoyens basques, hier Koldo et Dani. Il dit qu’il faut changer la politique pénitentiaire, et il réprime sauvagement les mobilisations des citoyens basques qui viennent d’apprendre que cette politique a encore fait deux morts... Quand garantirez-vous les conditions démocratiques nécessaires pour mener à bien ce processus ? Jusqu’à maintenant, vous n’avez rien fait d’autre que créer toujours plus d’obstacles.

Nous ne savons pas pour quelle raison Imaz et Rajoy viennent de se réunir, mais nous espérons que ce n’est pas dans une volonté de faire obstacle au processus et d’accorder leur stratégie, sinon le PNV finira par devenir une succursale du PP. Et dans cette nouvelle conjoncture politique, la sournoiserie intéressée de ce parti serait alors sans faille. En cette période de grand défi, nous, tous les agents politiques et sociaux basques, avons une grande responsabilité, et la société basque saura distinguer les positions favorables au processus et celles qui s’emploient à le saboter. Le PNV doit faire son choix maintenant, et vite.

ASKATASUNA EXIGE LA LIBÉRATION IMMÉDIATE ET SANS CHARGE D’ARNALDO OTEGI, DE JUAN MARI OLANO ET PETRIKORENA !
Demain mercredi, Arnaldo Otegi est convoqué à comparaître devant l’Audience Nationale espagnole. Pour cette raison, Askatasuna, lui exprimant sa solidarité, exige sa libération immédiate et sans charge, ainsi que celle de Juan Mari Olano et Petrikorena.
De même que nous demandons que le processus qui est sur le point de s’ouvrir puisse se dérouler sans ingérence, nous exigeons la disparition de l’Audience Nationale espagnole, condition indispensable si nous voulons vraiment, du moins, un véritable processus démocratique et basé sur la justice.
La décision prise par l’organisation armée représente une impulsion importante pour la construction d’un processus démocratique qui puisse déboucher sur une résolution du conflit politique historique. Nous disons que c’est un pas d’une grande transcendance politique. Pour cette raison, nous demandons aux États espagnol et français, qui sont à la fois parties et à l’origine du conflit et qui se trouvent face à une nouvelle opportunité politique, de prendre la responsabilité de répondre au conflit politique dans des paramètres démocratiques. Les deux États doivent mettre fin à l’oppression. Ainsi, ils doivent abandonner la stratégie de guerre qu’ils mènent en général contre les citoyens basques ainsi que tous les mécanismes de répression.
Askatasuna appelle donc à agir en toute responsabilité dans la phase politique qui vient de s’ouvrir, et exige la fin de la persécution politique en Euskal Herria, à commencer par la libération sans charge d’Otegi, Olano, Petrikorena et l’abandon de tous les procès politiques en cours.
Maintenant, l’impulsion de la société basque et des différents agents sociaux et politiques est indispensable à la mise en marche d’un processus démocratique. Comme jusqu’à maintenant et avec encore plus de force, nous proclamons la nécessité d’une mobilisation, qui sera un élément essentiel à l’avenir.
Prochains rendez-vous : 31 mars ; LE DERNIER VENDREDI DANS TOUT EUSKAL HERRIA. Journée de mobilisation nationale. Et le 1er avril ; à Bilbao, manifestation pour la résolution à l’appel de nombreux partis politiques, syndicats et acteurs sociaux.

LES PRISONNIERS POLITIQUES BASQUES DE LA PRISON DE MEAUX EN GRÈVE DE LA FAIM DEPUIS LE 20 MARS

Joseba Segurola a cessé la grève de la faim qu’il avait commencée le 23 mars à la prison de Douai.

Les prisonniers politiques basques de la prison de Meaux Haimar Altuna Ijurko, Oier Goitia Abadia, et Urtzi Zubizarreta Lizundia sont entrés en grève de la faim le 20 mars dernier en revendication du respect de leurs droits. En plus de dénoncer les problèmes qu’ils ont régulièrement dans le domaine de la communication, ils revendiquent deux parloirs doubles par semaine.

D’autre part, Joseba Segurola a cessé la grève de la faim qu’il avait entamée le 23 mars, après avoir été transféré de la prison de Bois d’Arcy à celle de Douai, en dénonciation de l’éloignement, de la dispersion et de l’isolement qui lui sont imposés. Aujourd’hui, il est seul dans une cellule sans toilettes. Son accès aux activités a été limité, et il ne peut pas faire de sport.

CERTAINS PRISONNIERS BASQUES DE FRESNES SONT AU MITARD

Le 23 mars, au moment où le prisonnier politique de Burlata Mikel Almandoz allait sortir en promenade, les surveillants lui ont demandé de s’identifier (les prisonniers sont censés toujours porter une carte de la prison sur eux). Ils en ont fait autant avec les trois autres prisonniers politiques basques de la division. Quand ces quatre prisonniers sont arrivés à la cour de promenade, les surveillants leur ont à nouveau demandé la même chose, ce qu’ils ont refusé. L’un des surveillants a alors poussé Mikel Almendoz. Celui-ci lui a dit de ne pas poser les mains sur lui. Les surveillants ont alors rédigé un rapport d’incident contre Mikel, l’accusant "d’avoir posé les mains sur eux". Il a été condamné à un mois de mitard, et les trois autres prisonniers basques du module à une semaine.

Euskal Herria, le 28 mars 2006

ASKATASUNA
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Tel / Fax : 00 33 5 59 59 01 84
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