Alors que plus d'un mois s'est écoulé depuis que la Police espagnole a commencé une vaste opération contre Segi à Donostia, quinze jeunes de plus ont été arrêtés hier au sein même de l'Audience nationale alors qu'ils allaient comparaître devant le juge Grande-Marlaska. Les jeunes ont été envoyés au commissariat de Canillas et passeront probablement devant le juge aujourd'hui. Les médias n'attendent pas et affirment qu'ils "font partie du noyau de Segi" à Donostia. Quinze jeunes donostiar ont été arrêtés par la Police espagnole hier matin aux abords de l'Audience nationale, au moment précis où ils allaient entrer dans le tribunal pour comparaître devant le juge Grande-Marlaska. Ces jeunes n'ont pas été arrêtés au cours de l'opération menée à Donostia le 7 novembre dernier car ils ne se trouvaient pas à leur domicile. Cependant, depuis lors, le juge instructeur avait lancé à l'encontre de chacun des mandats de recherche et d'arrêt. Comme Askatasuna en a informé ce journal, durant tout ce temps les avocats des jeunes ont essayé de négocier avec le magistrat du tribunal spécial un rendez-vous pour qu'ils comparaissent à l'Audience nationale espagnole. Selon cette source, Marlaska n'a donné aucune date quant à cette proposition bien qu'il ait indiqué que les jeunes mis en cause pourraient comparaître à l'Audience nationale aux heures d'ouverture. Ainsi, hier matin, les quinze jeunes se sont rendus à Madrid pour comparaître devant le juge pour répondre des faits qui leur sont imputés. Mais il n'en a pas été ainsi. Dans la matinée d'hier, la Police espagnole a arrêté Mireia Motxales, Iker Egido, Beñat Apalategi et Breogan Fernandez dans une cafétéria proche du tribunal spécial. Quelques heures plus tard, les onze restants ( Oier Lorente, Mikel Bargas, Aitor Olaizola, Adur Fernandez, Nahikari Otaegi, Asier Mariezkurrena, Ion Imanol Igal, Urko Labaka, Imanol Bizente, Urko Pikasa et Igor Alvarez) étaient arrêtés sur le perron de l'Audience nationale, au moment où ils y entraient. Après leurs arrestations, les jeunes ont été transférés au commissariat de Canillas, dans la capitale espagnole, où ils ont fait des dépositions accompagnés de leurs avocats de confiance. Probablement, selon les sources judiciaires, ce sera à partir de 11h00 ce matin que les quinze jeunes pourront être transférés devant le juge central d'instruction numéro 3 de l'Audience nationale, Fernando Grande-Marlaska. L'opération policière ordonnée par le magistrat Grande-Marlaska avait commencé le 30 octobre dernier avec l'arrestation de sept jeunes (Mikel Arretxe, Peio Lamarka, Egoi Alberdi, Ekaitz de Ibero, Unai Pérez, Jon Sardón et Julen Garmendia). Sept jours plus tard, et alors que cinq jeunes étaient toujours en incommunication, la Police espagnole avait à nouveau fait irruption à Donostia en réalisant des dizaines de perquisitions, tant aux domiciles des jeunes arrêtés que dans les herriko taberna [bars populaires], et en arrêtant quatre autres jeunes -Ion Etxeberria, Martin Mendizabal, Ekaitz Ezkerra et Iñaki Koloma. Ces arrestations ont été considérées, dès le début, comme étant "un troisième coup contre les structures de la violence urbaine", les situant dans la lignée de celles réalisées auparavant à Gasteiz et Uribe Kosta. Cependant, cet argument a perdu de sa force à mesure qu'il a été mis en évidence que le véritable objectif de l'opération était de frapper l'organisation de le jeunesse Segi. L'information divulguée hier par diverses agences de presse espagnoles qui accusent les quinze jeunes arrêtés de faire partie du "noyau de Segi" à Donostia va en ce sens. De plus, parmi les accusations qu'on prétend leur faire endosser se trouve "le recrutement de nouveaux jeunes pour Segi" et "la confection et le lancement d'engins explosifs et incendiaires". "Stratégie de guerre" L'organisation de la jeunesse Segi a situé ces arrestations dans le cadre de la " stratégie de guerre mise en place par les Etats espagnol et français contre l'indépendantisme basque ". Ainsi, elle a dénoncé le fait que le seul " délit commis " par ces jeunes consiste à travailler pour l'obtention de l'indépendance. En ce sens, elle critique les agissements du PNV et de NaBai qui, selon elle, prétendent " vendre Euskal Herria contre un nouveau statut ". Selon cette organisation, " seule l'indépendance garantirait les droits de la jeunesse ", ce pour quoi ils invitent les jeunes à descendre dans la rue face à cette " injustice ". Askatasuna et Batasuna se sont exprimées de la même manière. La première organisation a qualifié cet événement d'"image de propagande de guerre ", alors que Batasuna a signalé que le PSOE " prétend dépasser tous les indicateurs dans le cadre de la répression ". Les protestations ne se sont pas faites attendre, et hier après-midi les mobilisations se sont succédées dans les quartiers de Gros (130 personnes), Loiola, Amara Zaharra (40 personnes), Amara Berri, Alde Zaharra, Herrera (40 personnes) et Altza. De même, une autre manifestation partira aujourd'hui à 19h00 de la place Bilbao. |