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Cette fois ci, la foudre de la répression française est tombée sur moi, mais cela aurait pu arriver à n'importe qui d'autre. Depuis le 4 avril dernier, je suis incarcéré à la Maison d'Arrêt de Bayonne, accusé d'avoir blessé un policier à la fin d'une manifestation pour les prisonniers, le 25 Février 2000 à Bayonne. Depuis je suis donc enfermé, même si j'ai toujours nié les faits qui me sont reprochés. Les raisons de mon emprisonnement sont basées sur les déclarations d'un seul policier. A l'endroit même où ses collègues n'ont rien vu, ni reconnu personne, ce policier affirme catégoriquement m'avoir reconnu. Il est vrai qu'avant le début de la manifestation, alors que plusieurs jeunes se dirigeant au rassemblement se faisaient contrôler, le policier en question m'avait, semble-t-il, déjà reconnu et nous avons eu un petit accrochage verbal, qui ne lui a sans doute pas plu. Même le plus ignorant peut se rendre compte du lien qui existe entre le fait d'avoir retrouvé sous mon véhicule un système de surveillance le 21 mars 2000 et de porter plainte pour cela, et mon incarcération.
Après cet exposé des faits, je réaffirme qu'en tant que militant, je suis victime d'un acharnement policier et d'un montage. Mon incarcération ne leur suffisant pas, ma famille et mes proches subissent aussi des pressions. Ainsi, ils ont dû passer par le commissariat et être interrogés avant d'obtenir le permis de visite. Il n'y a pas de mot pour qualifier ce chantage et cette vengeance. Le fait d'utiliser de telles méthodes pour faire taire les militants montre bien la position de fermeté des états français et espagnols, qui gouvernent au Pays Basque, face à l'expression de liberté et de démocratie. Cela démontre, qu'aujourd'hui, il existe bien peu de conditions démocratiques pour les basques. Tous ces politiciens, hommes et femmes de loi, soi-disant journalistes, qui parlent à gorge déployée de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, feraient bien de se taire ou bien d'abandonner leur faux semblant, et d'accepter de dire clairement qu'au Pays Basque c'est la raison d'Etat qui prévaut. Et qu'ils sachent que c'est parce que nous voulons être des hommes et des femmes libres dans un Pays Basque libre que nous n'allons pas nous soumettre." Egoitz URRUTIKOETXEA |
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