1) POLICE DE L'AIR ET DES FRONTIERE (PAF).
- JOËL CATHALA, responsable de la PAF et plus tard coordinateur de la lutte anti-terroriste, est accusé par le policier espagnol Lopez Carrillo de lui avoir vendu des informations sur les réfugié(e)s basques en échange de grosses sommes d'argent (1,5 millions de frs). Le 3 octobre 96 Carillo réitérait ces déclarations devant le tribunal correctionnel de Paris qui jugeait le journal El Mundo pour diffamation contre Cathala. Selon les déclarations de Cathala au cours de cette même audience, sa hiérarchie, lui faisant confiance, n'a pas ordonné d'enquête sur lui-même.
- GUY METGE, dont le supérieur direct est Cathala, est partie intégrante du GAL jusqu'à sa mort "accidentelle" en 1985. Il reçoit de très grosses sommes d'argent en échanges d'informations sur les cibles et pour recruter les mercenaires (déclarations d'Amedo). Cathala a déclaré, au cours du procès d'El Mundo, que l'enquête administrative n'avait rien donné.
- HASSEN, lui aussi sous les ordres de Cathala, fournit, en échanges d'argent, des informations à la police espagnole et à la Garde civile (déclaration de Lopez Carrillo à El Mundo du 11 septembre 95 et sur plusieurs chaînes de télévisions). L. Carrillo a réitéré ces déclarations devant le juge Garzon qui l'interrogeait dans le dossier Garcia Goena récemment réouvert, de même qu'au procès d'El Mundo à
Paris. Il a remis à la Justice espagnole un document manuscrit qui aurait été écrit par Hassen et comportant une liste de réfugiés avec leurs adresses et numéros de voiture dont notamment celle de Ramon Basanes blessé dans 2 attentats du GAL et celle de Garcia Goena tué dans l'explosion de sa voiture en juillet 87 (dernière action du GAL).
Il n'y a eu aucune enquête à l'intérieur du service au sujet de Hassen (déclaration du commissaire Cathala au cours du procès déjà cité).
2) POLICE JUDICIAIRE (PJ)
- Le commissaire BOSLÉ entretenait des relations étroites avec le général Galindo. Son nom a été cité par Amedo dans un reportage.
3) RENSEIGNEMENTS GÉNÉREAUX (RG)
- Les déclarations de l'inspecteur J. MARC DUFOURG (son livre "Section manipulation") attestent que les dossiers concernant les réfugiés basques étaient remis par les RG à la police espagnole qui les transmettaient aux tueurs du GAL.
De nombreuses photos remises par les réfugiés à la sous-préfecture de Baiona (en vue de l'obtention de récépissés) ont été retrouvées en possession de membres du GAL et notamment Sanchez (articles du Canard Enchaîné du 26 mars et 27 juin 84).
4) GENDARMERIE ET ARMÉE
Dans l'attentat contre le bar La Consolation à Donibane Lohizune, il est fait référence à la collaboration d'un gendarme français (dossier d'instruction de Garzon, vingt cinquièmement).
Le journal El Mundo (17 septembre 96) a révélé une opération montée par le CESID en 1988 pour droguer et kidnapper Josu Urrutikoetxea en Pays Basque Nord (opération Mengele : deux SDF de Madrid, enlevés par le CESID, ont servi de cobayes pour cette opération. Bilan : un mort, l'autre handicapé à vie.). A cette occasion des armes ont été passées à la frontière avec la complicité d'un "gendarme ami".
Par ailleurs, Amedo signale un de ses contacts comme étant le chef du recrutement de la Légion étrangère à Baiona : Gérard Manzanal Pan.
C'est par son intermédiaire qu'il a connu plusieurs ex-membres de la Légion comme Sanchez ou Echalier qui participeront à des attentats.
5) DIRECTION DE LA SURVEILLANCE DU TERRITOIRE (DST)
Ce service apparaît dans les déclarations de Mendaille, incarcéré à Baiona et en attente de jugement pour sa complicité dans le GAL. Il dit avoir agit comme agent infiltré dans le GAL pour le compte de la DST. Le secret défense a été opposé aux demandes de la juge bayonnaise Legras pour connaître l'identité de son correspondant à la DST.
6) SÛRETÉ, POLICE URBAINE
Le policier Castets (décédé en 93) était un des contacts d'Amedo. Son supérieur était le commissaire Hélie, en poste à Baiona. Y a t-il eu une enquête interne au moment où son nom est apparu mêlé aux affaires du GAL ?
Le commissaire Gali et l'inspecteur Buis, en poste à Miarritze en 1983, étaient au courant des projets de l'équipe GALeuse de Talbi et Sanchez. Talbi avait été arrêté à Miarritze 2 jours avant l'enlèvement de Segundo Marey (déclarations de Talbi à son procès et article de l'Humanité du 22 février 1995). Gali a averti par ailleurs le commissaire Berlan, chef des polices urbaines à Baiona.
Dans le dossier d'instruction du juge Garzon (septièmement), il est fait état de la participation d'un policier de Miarritze et d'un policier retraité d'Hendaia à l'enlèvement de Segundo Marey.
Dans le même dossier (23, 24 et 25èmement), il apparaît qu'un policier français désigné comme "Jean Louis" a un rôle déterminant dans les attentats contre le bar Batxoki à Baiona et le bar La consolation à Donibane Lohizune. Il guide les tueurs, prépare leur retraite, recherche et désigne les cibles et fournit les armes.
C'est aussi un certain "Jean Louis" qui guide les tueurs du Monbar (4 réfugiés assassinés) en septembre 1985.