MESSAGES D'IÑAKI DE JUANA

IÑAKI DE JUANA : " JE NE VAIS PAS ARRÊTER "
~ Message publié dans le journal Gara du 4 octobre 2006 ~

Traduit en français par les Solidaires du Peuple basque en lutte - Paris

" Il y a un moment, le sous-directeur médical du centre pénitentiaire de Botafuegos et l’équipe médicale de l’hôpital Punta Europa m’ont confirmé qu’ils allaient m’alimenter par la force. La procédure est qu’ils sortent des liens en caoutchouc au lieu de chaînes normales, des liens en caoutchouc comme pour les fous dans les asiles, ils t’attachent au lit et te mettent une sonde nasogastrique jusqu’à l’estomac, par la force. Ainsi qu’une perfusion dans le bras.

Je dénonce le fait que l’alimentation forcée est utilisée sur des critères politiques et non médicaux, puisqu’ils m’ont alimenté à deux reprises et que maintenant, ma situation dans les analyses et ma situation médicale, ne les intéresse pas en ce moment.

Je suis faible physiquement, mais avec des fonctions vitales stabilisées depuis la dernière alimentation forcée. Ils l’ont interrompue hier [lundi], elle n’est pas nécessaire aujourd’hui. Ils ne l’utilisent que pour me faire pression, pour rendre plus dure la grève de la faim, pour essayer de m’affaiblir. Mais, psychologiquement, je suis bien et le maintiens les mêmes principes que lorsque j’ai commencé la grève de la faim.

Je réitère l’engagement, quel que soit le temps qui passe et quelle que soit la crise physique, de ne pas cesser jusqu’à ce que cette loi d’exception qui entraîne l’atteinte à la liberté d’expression, ainsi que les mesures prises par l’Audience Nationale, cessent. Dans toute cette grève de la faim et dans ce processus, ce qui est démontré c’est qu’ils continuent avec leurs lois d’exceptions pour le Pays basque et, particulièrement, pour les prisonniers politiques, et que notre volonté est méprisée jusqu’à des limites inimaginables."

Iñaki de Juana


Lettre d’Iñaki de Juana Chaos, prisonnier politique basque en grève de la faim,
du 10 janvier 2007

Depuis l’hôpital "12 de octubre", je veux vous faire parvenir ces quelques lignes pleines de force et de courage, pour la lutte de chaque jour, jusqu’à ce qu’Euskal Herria obtienne ce qu’elle mérite en tant que Peuple et en tant que Nation.

Comme vous le savez tous, la situation des prisonniers et prisonnières politiques basques ne va pas en s’améliorant, nous faisons l’objet au contraire d’agressions de plus en plus cruelles et impitoyables. Ma situation n’en est qu’un exemple de plus.

Tous les prisonniers politiques basques souffrent des mêmes mesures arbitraires, des mêmes irrégularités et du même harcèlement de la part de l’administration pénitentiaire et des pouvoirs de l’État arrogants, tout-puissants et autoritaires, qui se vantent de leur immobilisme ; qui font de la vengeance un comportement politique ; qui refusent de reconnaître ce que nous sommes, des prisonniers politiques ; et, surtout, qui refusent de reconnaître les raisons pour lesquelles nous sommes emprisonné(e)s, qui ne sont autres que la défense face aux agressions historiques que subit Euskal Herria.

Seule la résolution des causes du conflit pourra amener la justice et la liberté pour lesquelles nous luttons depuis des générations.

L’amnistie, qui n’est pas la simple libération des prisonniers et prisonnières mais qui implique la reconnaissance du conflit politique et sa résolution, est la clé indispensable pour une future solution durable. Nous luttons pour l’amnistie et pour tout ce que comporte ce concept, de toutes nos forces ; et avec la même persévérance que depuis des décennies. Et elle arrivera, ça ne fait pas le moindre doute.

À nouveau, je vous envoie tout mon courage pour faire face à ce qui arrive, il en faudra beaucoup pour continuer la lutte dans ces conditions. Et je veux également vous envoyer un cri de liberté.

Gora Euskal Herria Askatuta ! Gora Euskal Herria Sozialista ! Aurrera bolie !

Iñaki de Juana Chaos Hôpital "12 de octubre" à Madrid