PROCES DE PLEVIN : LA LANGUE BASQUE DEVIENT UN PROBLEME
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(JPB du 1 juin 2005)
Pas d’interprète en langue basque
Le procès de l’affaire du vol de dynamite de Plévin, où comparaissent dix Bretons et cinq Basques accusés d’avoir participé directement ou indirectement au vol de 8,7 tonnes de dynamite, de plusieurs milliers de détonateurs le 28 septembre 1999, s’est ouvert hier peu avant 14h devant la Cour d’assises spéciale de Paris [lire notre édition d’hier].

La Cour d’assises spéciale, composée de sept magistrats, a rejeté la demande formulée par les accusés basques d’obtenir un interprète en euskara et non en espagnol. "Ce sont des citoyens de nationalité basque", a plaidé leur avocate Me Yolanda Molina-Ugarte, regrettant que les demandes d’interprète basque soient "systématiquement refusées" devant la plupart des juges, alors que "la langue basque est une langue officielle en Espagne, autant que le castillan", a-t-elle ajouté. La première journée d’audience s’est poursuivie avec l’appel des témoins, ainsi qu’avec le début de la lecture de l’acte d’accusation. Le procès doit durer jusqu’au 1er juillet

Une trentaine de citoyens basques, la plupart des proches des accusés, se sont rassemblés hier depuis 11h30 et jusqu’à l’ouverture du procès devant le Palais de justice de Paris. Les manifestants ont dénoncé les conditions de détention de leurs compatriotes détenus depuis 5 ans et demi pour certains "dans des conditions d’incarcération inacceptables, au mépris de leurs droits à un procès dans des délais raisonnables", signalait l’association pour la défense des droits des prisonniers politiques basques Askatasuna dans un communiqué distribué aux passants. Deux banderoles déployées le long du boulevard du Palais revendiquaient le rapprochement des prisonniers basques.

(JPB du 9 juin 2005)
La langue basque devient un problème au procès du vol d’explosifs de Plévin
La cour d’assises spéciale de Paris a entendu mardi les premiers témoins du vol d’explosifs de Plévin (Côtes-d’Armor) en 1999, au troisième jour du procès de 15 militants bretons et basques, retardé une nouvelle fois par une bataille de procédure.

L’emploi exclusif et volontaire de la langue basque par les cinq membres présumés de l’ETA, a été mardi à l’origine d’un nouvel incident d’audience lorsque le traducteur franco-espagnol n’a pu traduire la réponse de l’un d’eux à une question du président Yves Jacob. "Je ne parle pas le basque", s’est excusé l’interprète. La cour avait rejeté, au premier jour du procès, la demande des accusés d’obtenir un interprète en basque et non en espagnol.

Cette fois, c’est au tour des avocats des Bretons de réitérer cette requête au nom du respect des droits de la défense. "Les coaccusés (Bretons) ne peuvent sans traduction en français de ces propos (en basque, NDLR), en comprendre le sens et la portée et sont donc privés de leur droit d’y répondre et de faire-valoir leurs propres moyens de défense par rapport à ces déclarations ou réponses", a expliqué Me Yann Choucq, en provoquant un incident d’audience. Après délibération, le président Yves Jacob a rejeté la demande estimant que les Basques avaient fait "le choix délibéré" de ne s’exprimer qu’en basque.


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