TEXTE DU TRACT D'APPEL POUR L'ASSEMBLE GENERALE CONSTITUTIVE DE GUREKIN

~ 2 mai 1997 ~

 

POURQUOI CREER UN TEL GROUPE ?

Notre canton, au même titre que les autres et que la totalité du Pays Basque, est touché par la répression. Ce n'est pas une situation nouvelle, nous connaissons depuis une trentaine d'année la répression mais depuis quelques temps celle-ci s'est accentuée. Aujourd'hui nous nous rendons compte que même si le mouvement Abertzale dans son ensemble évolue positivement ce n'est pas le cas du soutien aux prisonniers et du travail anti-répressif. Nous ne réussissons pas à assurer le travail minimal, l'information, la dénonciation et quoi dire des mobilisations. Il nous semble que la population n'est pas au courant de la situation répressive, nous ne réussissons pas à faire passer l'Info au sein de la population.

Pourtant nous savons que la répression et le travail anti-répressif est un des axes de travail du mouvement Abertzale les plus importants. Dans notre canton nous avons 2 prisonniers politiques : Argi Perurena et Egoitz Urrutikoetxea. On pourrait faire la liste de tous les habitants du canton qui ont été incarcérés tout comme on pourrait faire la liste de ceux qui ont été arrêtés, inculpés, jugés etc... Iñaki Hirigoien, condamné à 6 mois de prison pour insoumission, vit dans le risque d'être incarcéré à tout moment. L'actualité de ces derniers mois nous montre également l'attitude du gouvernement français envers le mouvement Abertzale et plus précisément envers la jeunesse Abertzale.

Le mouvement Abertzale se doit de répondre à cette situation, nous ne pouvons laisser la répression se banaliser. Comme nous l'avons dit plus haut nous nous devons de combler les lacunes actuelles au niveau de l'information, de la dénonciation et de la mobilisation, c'est là notre objectif. Nous devons informer la population, la sensibiliser pour, petit à petit, la rapprocher de nous. Nous devons également faire prendre leurs responsabilités aux élus car quelque part ils sont responsables de cette situation.

Nous voulons effectuer ce travail au niveau du canton d'Ustaritz car c'est notre espace de vie : nous sommes tous soit militant, soit acteurs d'un groupe de copain, d'une association, d'une structure ... et notre volonté est de mener un travail local, dans nos espaces naturels.

QUELLE EST LA SITUATION ?

Comme nous l'avons déjà dit, ce qui se passe actuellement au niveau antirépressif est assez impressionnant. Même si ce phénomène se passe sur la totalité d'Euskal Herri, le canton d'Ustaritz est particulièrement touché. Le pouvoir français est en train de mener une grosse campagne répressive, plus spécialement contre la jeunesse. En prétextant la campagne de jets de coktels molotofs contre les flics ils ont arrêté plusieurs jeunes dans le canton. Même si toutes les arrestation sont dénonçables il est important dans ces cas de parler de la manière qu'ils emploient : les flics font ça en toute impunité, ils ne respectent même pas leurs lois ( commission rogatoires non nominatives, menaces, intimidations, parfois coups, empreintes et photos prises de force etc... ). Les mêmes méthodes sont employées pour les affaires liées à ETA ou IK. Toutes ces arrestations, en plus d'être des atteintes aux droits de l'homme, nous montrent quelles sont les intentions du gouvernement français : casser le mouvement Abertzale qui s'organise et se renforce. C'est de notre responsabilité de nous organiser face à cette situation pour que nous soyons prêts à donner une réponse adéquate

La situation d'Egoitz et d'Argi est subie par 600 autres prisonniers Basques dans les prisons françaises et espagnoles. Ils subissent mauvaises et dures conditions de détention, leurs droits ne sont pas respectés, ils subissent des pressions quotidiennes, fouilles des cellules, fouilles au corps, humiliations, punitions, censure des lettres, censure du Basque, la dispersion, éloignement du pays etc... ; 60 de ces 600 prisonniers sont incarcérés en france. Ces prisonniers sont du Pays Basque, de notre Pays, ce sont des habitants de notre Pays. Ils sont incarcérés parce que ils ont travaillé et lutté pour notre Pays, et notre travail est de le faire savoir à la population : c'est à nous de faire entendre la voix des prisonniers auprès des gens, c'est à nous de montrer et démontrer que même en étant prisonniers ils sont citoyens Basques.

D'un autre côté en plus de subir l'incarcération, les familles et leurs proches sont également punis, sans cesse ils mettent des obstacles aux relations avec les prisonniers qui sont très importantes pour leur moral et celui de leurs familles : éloignement du Pays, éloignement des liens affectifs, coût financier et perte de temps que représente une visite à Paris. A l'intérieur les prisonniers sont en lutte : pour l'amnistie, le regroupement, le statut de prisonnier politique, le rapprochement au Pays Basque, globalement pour leurs droits. C'est de notre responsabilité de faire parvenir ces revendications auprès de la population.

LE SOUTIEN

Nous devons organiser sur notre canton le soutien nécessaire aux prisonniers et autres (arrestations, etc...): aujourd'hui les moyens et les possibilités que nous avons ne sont pas suffisants. Pourtant nous nous rendons compte que nous avons les moyens de nous organiser : en 1995 quand les prisonniers étaient en grève de la faim pour obtenir leur regroupement, en 2 ou 3 jours en utilisant le bouche à oreille nous avions organisé une belle action : une cinquantaine de militants s'étaient enchaînés à la gendarmerie d'Ustaritz pour la bloquer alors que d'autres, par le biais d'une banderole, informaient les gens qui passaient par là en voiture. D'autres exemples nous montrent que le potentiel existe. A Bassussary après les arrestations 50 personnes se sont réunies sur la place pour demander la libération des gardés à vue, une pétition à circulée pour demander au maire qu'il intervienne. Quand Egoitz a été arrêté 70 personnes se sont réunies dans les rues d'Ustaritz et de là un comité de soutien s'est créé. A Arbonne le rassemblement qui a eu lieu nous montre que cette forme de réaction est adéquate et positive pour l'avenir du groupe que nous voulons organiser sur le canton. Nous pouvons penser que cette volonté est générale, il suffit de voir le comité de soutien qui s'est créé sur Ostibarre (soutien à Manex et Didier) en réunissant beaucoup de monde. A nous maintenant de mettre tout ça en route.

C'est vrai que ces dernières années le mouvement anti-répressif a été divisé et il y a eu beaucoup de polémiques, mais par notre travail local en mettant en avant un travail unitaire et ouvert, en responsabilisant les gens, en leurs demandant de s'impliquer et de prendre des initiatives nous pensons qu'il est possible de créer une forte dynamique.

En plus de travailler sur les thèmes cités plus haut, il est possible de faire le relais des campagnes menées au niveau d'Iparralde et de tout le Pays Basque. Il est également possible de faire un échange d'information et d'expérience entre les comités de soutien aux prisonniers existants actuellement : Ernest Arrambide, Daniel Derguy, Manex et Didier, jean Louis Maitia et avec les comités d'Hasparren, d'Hendaye, de Baigorri etc...

 

Ustaritz, 2 mai 1997